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L’oratrice libertaire Rosario Dulcet Marti
Article de Manel Aisa de 2025

Manel Aisa suit pas à pas grâce à la presse libertaire l’engagement de l’oratrice Rosario Dulcet (ou Dolcet)
Version corrigée du 10 novembre 2025.

Alors que les tambours de guerre résonnent à nouveau en Europe, et que le fascisme est en pleine croissance, il ne fait aucun doute qu’il y a, dans les rues des villes, des cris et des murmures qui s’élèvent contre l’absurdité du fascisme qui cherche et veut la guerre, qui nous étouffe et nous rapetisse. Depuis l’Agora Juan Andrés Benítez […] le compañero Miguel Ángel dit : « La guerre n’est jamais gagnée par personne », et qu’il faut combattre la guerre avec les arguments dont nous disposons dans nos micro-espaces de liberté et de rébellion, en construisant notre quotidien sans drapeaux ni sigles, seulement avec des arguments. C’est le moment de se souvenir de Louis Lecoin, qui a organisé pendant 50 ans l’objection de conscience en France.
Mais ici et maintenant, dans la mémoire de tous, je dois évoquer Rosario Dulcet, une catalane antimilitariste en 1914 à Paris, avec ses discours devant les troupes qui défilaient sur les Champs-Élysées en route vers l’abattoir de l’absurdité de la guerre.

Rosario Dulcet Martí serait née à Vilanova i la Geltrú le 2 février 1881.
Son père était un républicain fédéraliste, ce qui nous permet de comprendre qu’elle vivait dans une famille progressiste pour l’époque, et ouverte d’esprit.
Quand elle était petite, ses parents l’ont envoyée dans une école à Vilanova i la Geltru, où enseignait Soledad Gustavo, pseudonyme de Teresa Mañé, mère de Federica Montseny. Teresa l’a certainement aidée à ouvrir davantage son esprit, à s’affirmer en tant que femme, et à élargir ses choix en matière d’amour de la liberté, qu’elle a peu à peu construits au cours de son enfance et de son adolescence.
À l’époque où Rosario Dulcet faisait ses premiers pas, Soledad Gustavo était déjà très proche des idées libertaires. De sorte que l’on peut presque affirmer que l’influence de l’une sur l’autre sera très importante dans la construction d’une personnalité.

Nous savons que Rosario a commencé à travailler dans une usine textile en 1904 à Vilanova i la Geltrú, et qu’elle s’est affiliée à la société ouvrière « Las tres clases de vapor » de sa ville. Cette société ouvrière réorganisée à partir de 1880 s’était étendue à plusieurs villages de Catalogne grâce aux travailleurs et travailleuses du Textile. Cette organisation ouvrière mythique avait vu le jour à l’époque de la Première Internationale en Espagne, vers 1869-70.
En 1912, à l’âge de 22 ans, Rosario s’unit librement à un compagnon dont j’ignore l’identité*. Cela indique sans aucun doute un tournant dans la mentalité des gens et dans les comportements de la société. Mais ce choix du couple était encore difficilement compréhensible à l’époque, et cela lui vaudra des critiques, y compris de la part des compagnons les plus proches. La même année, la société « Las Tres clases de vapor » adhère au syndicat CNT nouvellement constitué.
Un an plus tard, Rosario part vivre à Sabadell où démarre la grève des tisserands. Elle participe activement aux assemblées, donne son premier meeting et commence à se distinguer par ses talents d’oratrice. Après la grève du secteur textile, la répression s’abat sur les leaders du mouvement ; Dulcet et son compagnon doivent s’enfuir en France. José Godayol sera une autre victime des représailles de cette grève. Trois ans plus tard, nous le retrouverons dans l’administration du journal Solidaridad Obrera.1

A ParisRosario Dulcet et son compagnon sont surpris par la Première Guerre mondiale. Connaîssant tous les rouages de l’État, du capitalisme et les tromperies au sujet de la patrie, elle profite d’un défilé à Paris des forces militaires qui marchent vers le front, pour faire de la propagande antimilitariste à la Porte de Sète. Cet événement lui causera de nombreux problèmes et elle sera contrainte de quitter Paris pour s’installer à Montpellier, où elle vivra jusqu’en 1917, date à laquelle elle retourne à Barcelone. Peu de temps après, elle participe à un rassemblement organisé dans un centre républicain du cinquième district, dans la rue Reina Amàlia.

Rosario vivra intensément la deuxième et importante grève générale de subsistance d’une journée à Madrid et Barcelone. C’était au départ une grève des transports qui se transformera en grève de subsistance, car pour les familles les prix des matières premières, du charbon au loyer des logements étaient inabordables. C’est dans ce contexte que les femmes joueront un rôle important et […] nous pouvons dire qu’à cette époque, il s’agissait de Libertad Ródenas, Rosario Dulcet, Amalia Alegre, Amor Archs, Lola Ferrer, Ángela Abante, Pilar Aguilar, Rosario Alcón, Rosa Alés, Joaquina Almirall, Trinidad Alted, Isabel Aragón, Paquita Baldó, Adelaida Bou et certainement de beaucoup d’autres.
L’année suivante, elles récidivent avec une nouvelle grève de subsistance car, pendant la guerre de 1914-18, l’indice des prix de consommation était complètement hors de contrôle. Toutes les matières premières et denrées alimentaires étaient acheminées vers les pays belligérants.

En cette année 1918, l’« Union des locataires » est créée, dont le siège se trouve au 21, 1er étage, 2e porte, rue Cadena. Dans le numéro 725 de la « Soli » du 20 avril 1918, il est question de la dernière réunion des associés qui s’est tenue le 13 janvier 1918. Aucune autre n’avait pu avoir lieu en raison de l’empêchement causé par les propriétaires. […] La « Soli » suivante annonce qu’en raison des énormes difficultés imposées par le gouverneur, « L’Union des locataires » ne peut tenir ses réunions normalement […].2
À partir de 1918, Rosario Dulcet participe à de nombreux rassemblements confédéraux. La rédaction de Solidaridad Obrera rapporte une phrase qu’elle prononça lors du rassemblement du Globo Cautivo : « Ne prêtez pas attention aux femmes qui conseillent des moyens de persuasion, car elles doivent appartenir à un parti politique qui veut s’emparer de la protestation. Nous ne devons pas tolérer les accapareurs de produits ».3

L’activité de Rosario Dulcet est incessante. L’après-midi du 21 janvier 1918, elle se trouve à l’Ateneo Racionalista de Sans, aux côtés d’Adela Rodríguez, María García, Libertad Ródenas et Lola Ferrer. Lors de ce rassemblement où l’ambiance était très tendue, Rosario Dulcet réussit à canaliser et à calmer les esprits, évitant ainsi que ne se brise l’unité qui avait été maintenue entre toutes les oratrices et l’auditoire.
Nous retrouvons ensuite Rosario au cinéma Moderno de Mataró, lors d’un acte aux côtés de Francisco Miranda Concha, gendre d’Anselmo Lorenzo, et d’Adrián Arnó, qui était le secrétaire de la F.L. de la CNT de Mataró, lors d’un événement organisé par les sections de l’Art Manufacturier et Textile. 4

Dans Solidaridad Obrera n° 780, un article, selon nous, mérite d’être reproduit dans son intégralité :
« À Rosario Dulcet,
je te crois, chère compañera, je te crois et plus encore, depuis ces colonnes, je t’embrasse pour tes mérites incontestables dans la mise en lumière des vérités dissimulées […]. Ce que tu as dit au cinéma Montaña peut très bien s’inscrire dans le livre de l’histoire sociale de l’univers.
Le terme « imposteur », sorti de ta bouche féminine contre certaines personnes, me semble très juste et même trop modéré concernant ceux qui le méritent. J’admire ton intelligence et je reconnais que tu es bien au-dessus de certains hommes qui se vantent, à tort, d’en être pourvus.
Au fond de moi, je pense simplement que tu t’es mise en conflit avec tous les partis politiques, et c’est pourquoi je t’appelle héroïne. Bon courage pour les contretemps que tu rencontreras sur le chemin épineux que tu as emprunté. Je connais bien le milieu, et je sais pertinemment qu’en allant dans la direction opposée à celle de certains messieurs, ce ne sont pas exactement des lauriers ni des diplômes que tu récolteras. Ce sera probablement la prison ou le désespoir. Ne te laisse pas décourager pour autant. Parle clairement chaque fois que l’occasion se présente.
Si certains hommes fanatiques et myopes par excellence avaient une vision aussi claire de la réalité des choses que toi, noble femme, les choses seraient différentes. Mais, enfin, qui sait si nous corrigerons nos erreurs et obtiendrons ce qui nous manque aujourd’hui : le pain et la liberté.
J’en dirais bien plus encore sur ton sacrifice. Et pourtant, avec le plus grand respect, je tends la main vers la tienne et je dis : Sois heureuse, noble femme ! Combien devraient t’imiter !
Salud. Barcelone, 22 janvier 1918. »

Une note de la rédaction indique : « Ce travail est arrivé à notre rédaction avant l’état de guerre ; nous le publions aujourd’hui car nous le jugeons opportun. » 5
[…] Nous ne connaissons pas l’auteur de ce billet. […] On peut en tout cas en déduire que Rosario avait une grande capacité d’éloquence et de persuasion. […]

En août 1918, à la fin de l’horrible Grande Guerre, la presse libertaire annonce une conférence de Rosario Dulcet intitulée « La femme et la religion », organisée par le syndicat des travailleurs du Bois. Son activité ne faiblit pas et nous la voyons participer à une soirée littéraire à Sabadell aux côtés de Balbina Pi, organisée par le groupe syndicaliste de Sabadell dans le Salon de la Fédération ouvrière.6
En 1919, nous n’avons aucune trace de sa participation aux plateformes propagandistes du syndicat anarcho-syndicaliste.

En 1920, Martínez Anido et Miguel Arleguí voulaient appliquer à Barcelone la paix des cimetières. Pour cela, ils avaient une liste de 80 syndicalistes à éliminer. Le 30 novembre, jour où fut assassiné dans la rue Balmes de Barcelone Francesc Layret, l’avocat spécialisé dans le droit du travail, ils déportaient 36 anarcho-syndicalistes à Mahón, la capitale de Minorque. Furent confinés dans la forteresse de La Mola Salvador Seguí, Manuel Salvador, Camil Piñol, Francesc Comas, Vicent Botella, Narcis Vidal, Josep Vidal, Eusebi Manzanares, Martín Barrera, Miguel Abós, Antoni Soler, Josep Viadiu, Eustaqui Rueda, Anicet López, Emili Albaricias, Jaume Albaricias, Manuel Núñez, Saturnino Meca, Dionisio Eroles, Antonio Ocaña, Josep Solé, Manuel Castarlenas, Josep Francés, Josep Roge, Guillermo Valls, Daniel Rebull, Josep Antoni Gómez, Eusebi Jorge Sánchez, Salvador Pascual, Antoni Calomadre Salvador Caracena, Ramon Recasens, Francecs Arín, Jesús Vega, Antoni Amador, Lluis Companys 7 et Marcelino Silva.
[…]
Rosario recueillit Marcelino Silva très malade à sa sortie de la forteresse, et prit soin de lui ; il deviendra dès lors son nouveau compagnon. Marcelino mourra des années plus tard, au cours des journées de mai 1937. Son corps fut retrouvé parmi ceux d’autres compagnons libertaires. Assassinés […]

Poursuivons l’histoire et le bon travail de Rosario Dulcet, dans les années 1920. La bourgeoisie patronale catalane et l’État monarchique espagnol s’étaient entendus pour assassiner les ouvriers qui avaient émigré à Barcelone dans le seul but de gagner leur vie, quittant la campagne pour nourrir leur famille. Ils réclamaient de la dignité et moins d’exploitation.
Accablées par tant de morts et par la sauvagerie gouvernementale, Libertad Ródenas et Rosario Dulcet prirent leur courage à deux mains. Elles se rendirent en 1922 à l’Athénée de Madrid pour chercher le soutien de l’intelligentsia de la capitale espagnole, et faire connaître le massacre des ouvriers à Barcelone. Ce jour-là, apparemment, personne à l’athénée scientifique de la capitale espagnole n’a été capable de présenter l’événement, ni les deux femmes. Mais ils aient laissèrent les salles de l’espace culturel à leur disposition pour qu’elles puissent faire entendre leur voix. Elles ont donc dû se présenter elles-mêmes et se soutenir mutuellement. Personne de l’Ateneo ne voulut s’engager dans ce qu’elles proposaient.

Les dures années de la répression passèrent, puis vint la dictature de Primo de Rivera qui rendit la vie impossible à la plupart des anarcho-syndicalistes, en particulier ceux qui continuaient à revendiquer de meilleures conditions sociales et professionnelles.
Mais les patrons se considéraient comme vainqueurs, et le dictateur était satisfait. Même le « syndicat libre » créé par les patrons se croyait en droit de faire du syndicalisme. Et il avait pris par surprise les patrons mêmes qui avaient créé ce syndicat jaune.
Quoi qu’il en soit, la dictature de Primo de Rivera n’allait pas durer longtemps et, en 1930, le général Berenguer prit les rênes du gouvernement. S’en suivit une époque un peu plus clémente, la République, une République bourgeoise qui n’eut pas non plus eu le succès escompté parmi la majorité des ouvriers qui continuaient à souffrir de la faim.

Au début de la République, l’activité de Rosario Dulcet se reflète dans la presse libertaire qui recense une grande partie des lieux qu’elle visite et les nombreuses conférences et réunions auxquelles elle participe. On voit que le syndicat CNT du Textile de Badalona organise un rassemblement au théâtre Guimera, connu sous le nom de « Picarol », auquel participent, outre Rosario Dulcet, Ramona Bernis, qui était, je crois, originaire de Manresa, et Adrián Giménez, secrétaire du Textile de Barcelone. La « Soli » annonce cet événement. 8

Le 2 avril de l’année suivante, elle participe au rassemblement au Théâtre Principal de Villafranca del Penedés, cette fois accompagnée d’Asturiak, Alejandro Gilabert, Jaime Rosquillas Magriña et Francisco Moles, les trois premiers de la FAI, et le dernier secrétaire régional de la CNT AIT de Villafranca del Penedés.

Nous retrouvons Rosario le 3 juillet 1932 à Tarragone, aux côtés de Torrent et RS García.9 Dix jours plustard, elle intervient à Roda de Barà, à Tarragone, aux côtés de RS García, qui était probablement le Secrétaire régional du Textile à l’époque.
Rosario Dulcet était sans aucun doute une femme libre, avec beaucoup de caractère. Sûre d’elle-même, elle était toujours prête à collaborer avec l’organisation, même si je pense qu’elle n’y avait - dans ces années 30 - aucun poste important. Elle était toujours disposée à aider, et à expliquer le pourquoi et le comment de la construction d’un monde meilleur pour tous. Elle parcourait la moitié de la Catalogne pour expliquer les accords de l’organisation ce qui, à l’époque, était indispensable pour savoir […] ce qui se discutait dans les assemblée, ou dans les conférences nationales et régionales. On appelait cela des excursions de propagande, afin d’informer le reste des compañeros.

Le numéro 464 de la « Soli » du 14 juillet 1932 annonce un meeting à Ribas de Freser avec Rosario Dulcet, Libertad Ródenas, RS García, José Salvat et Juan Casals. Quelques jours plus tard, à Puigcerda, nous la retrouvons lors d’un autre meeting, comme le rapporte le numéro 468 du journal « Soli ». Le 20 juillet 1932, elle était aux côtés de RS García et Agustín Miró dans le cadre d’une campagne contre la décision du gouvernement d’envoyer les prisonniers anarcho-syndicalistes à Bata et Villacisneros.
Le numéro 477 de la « Soli », du 2 août 1932 annonce un meeting à Vilasar de Mar, où Rosario Dulcet se retrouve en compagnie de Libertad Ródenas, Vicente Corbí, Jaime Rosquillas Magriña et Vicente Pérez Combina. C’était une époque de militantisme anarcho-syndicaliste et féministe constant pour donner un visage et un nom aux compagnes. Le numéro 491 de la « Soli » du 19 août 1932 annonce un rassemblement féministe à Monistrol de Montserrat avec Paquita Gali, Rosa Duran, Ramona Berni, Rosario Dulcet y Libertad Ródenas. La même « Soli » annonce un meeting auquel Rosario participe à Premia de Mar. […]

La « Soli » 496, du 25 août 1932 fait savoir que Rosario a été arrêtée à Montblanc, à son arrivée dans la ville, et mise à la disposition du juge de Tortosa qui l’avait demandé. La rédaction du journal en ignore la raison, mais espère sa libération rapide. Dans le numéro 499 du 28 août 1932, il est rapporté que le juge a ordonné sa libération, et aussi celle de Francisco Pellicer, de Barcelona, qui était également recherché par ce tribunal.

L’activité de cette année-là ne faiblit pas et nous voyons à quel point Rosario Dulcet connaissait bien la géographie catalane. Le numéro 506 de la « Soli » du 7 septembre 1932 annonce un rassemblement à Sant Just Desvern avec Francisco Tomas, Asturiak, Arbona. Et on apprend dans le n° 524 du 30 septembre 1932 la suspension jusqu’au 2 octobre du meeting qui devait se tenir à l’Ateneo Social y Cultural de Sant Adrián del Besos, avec Patricio Navarro, R S. García, Rosario Dulcet et Tomás Cano Ruiz.
Le 2 octobre 1932, Rosario participe à un meeting organisé par l’Ateneo Cultural Social de Sant Adrià au Théâtre Armonía.10

Le le 8 novembre 1932, elle intervient à Sabadell avec d’autres camarades. 11 Pour 1933, nous ne connaissons pour l’instant qu’un seul événement où elle intervient. C’est le 21 mars lors d’un rassemblement organisé par la F.L. de la CNT à Barcelone, au colisée Pompeia de Gracia. Cela est mentionné dans la « Soli » 660, du 23 mars 1933. Quelques jours auparavant, elle avait également participé à celui de Reus organisé par le syndicat du Textile de cette ville. Elle était accompagnée de Juan José Montserrat, un militant de premier plan du secteur manufacturier.

Dans la « Soli » n° 1382 du 20 septembre 1936, on apprend que Rosario participe à un rassemblement confédéral à Vic. Fin 1936 et au début 1937, elle parcourt le Haut Aragon et Teruel où elle contribue à la formation des collectivités. À son retour, elle réintègre le syndicat du Textile. Il faut dire que pendant la révolution, la CNT AIT s’est dotée d’une équipe d’orateurs qui parcouraient une grande partie de l’Espagne républicaine pour donner des conférences dans chaque village et chaque ville où il était nécessaire de rappeler les besoins du moment, dans le contexte si difficile de guerre et de Révolution qu’elle devait mener à bien.

Après la bataille de l’Èbre et l’exil en 1939, suivront des années encore plus difficiles. Dans l’exil en France, il lui a d’abord fallu survivre, puis s’organiser à nouveau avec ses camarades en 1945, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale. qui apportait de nouveaux espoirs.
Ce fut un soulagement pour les familles et les personnes qui n’avaient cessé de lutter. Rosario collabore financièrement à Solidaridad Obrera avec 100 francs 12. Dans d’autres éditions de ce journal en exil est mentionné un nouvel apport de 100 francs (« Soli » 67, 18-5-46). En 1946, elle participe à Pro España avec 100 francs (Solidaridad Obrera n° 95, 30-11-1946).
En octobre 1947, Rosario participe au 2e congrès du MLE CNT à Toulouse.

Elle décède à Carcassonne à l’âge de 87 ans, le 27 octobre 1968, à la sortie d’une réunion de la CNT de Carcassonne. Alors qu’elle rentrait chez elle, elle a été renversée par un vélo et est tombée au sol, malheureusement se cognant la tête, qui lui a été fatal.

Je trouve curieux qu’une femme comme Rosario Dulcet qui était une grande oratrice, avec un style clair et concis, n’ait pratiquement laissé aucun écrit pendant tout ce temps. […] Je suis surpris qu’elle n’ait pas eu l’envie d’écrire ses opinions pour ouvrir le débat à chacun des moments marquants qu’elle a vécus, et qui n’étaient pas rares.
Manel Aisa Pàmpols
Hospitalet
27-10-2025

Notes
1 Antonio Bar, Los años rojos P. 312.
2 Solidaridad Obrera, 21-4-1918.
3 Solidaridad Obrera 723, 21-1-1918 (el globo cautivo un espacio que estaba en el Paseo de Gracia).
4 Las Noticias 9-4-1918.
5 Solidaridad Obrera 780,16-4-1918.
6 Solidaridad Obrera 852, 18-8-1918.
7 Manel Aisa Pàmpols : Francesc Layret : Entre l’Ateneu Enciclopèdic i el seu republicanisme. Barcelona 2022, p. 83.
9 Solidaridad Obrera 454, 1-7-1932, 13-7-1932.
10 Solidaridad Obrera 523, septiembre 1932.
11 Solidaridad Obrera 554, 6-11-32.
12 Solidaridad Obrera Exilio 33, 25-3-1945.

* Note des Giménologues  : Il s’agit d’Antonio Soler Cuadrat, voir https://militants-anarchistes.info/spip.php?article1372 et https://militants-anarchistes.info/spip.php?article10537 « Cette situation et son militantisme anarchiste et syndical lui valurent en 1912 d’être, comme son compagnon, licenciée et mise sur une liste noire et tous deux durent quitter Vilanova » , écrivait le regretté compagnon Rolf Dupuy.

Traduction des Giménologues, 10 novembre 2025
Nous avons raccourci certaines phrases qui nous paraissaient redondantes

Article que l’on peut compléter avec un texte de 2021 de Manel Aisa, publié à l’occasion du 140ème anniversaire « de una gran anarquista. Rosario Dulcet Martí, Anarquista antimilitarista » (Doc joint)

On pourra consulter aussi ces autres biographies :

https://es.wikipedia.org/wiki/Rosario_Dolcet_Mart%C3%AD
https://serhistorico.net/2023/05/10/en-el-record-histories-danarquistes-catalanes-durant-la-guerra-civil/