Un blog sur Robert Léger.

dimanche 9 septembre 2007
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Robert Léger a fait un temps partie de la centurie française Sébastien Faure du Groupe international de la colonne Durruti. Il a donc à un moment ou à un autre côtoyé Antoine Gimenez.

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Robert Léger.

Michel Léger a ouvert un blog sur son père Robert, volontaire français en Aragon, et cherche à retrouver les descendants de ses copains d’alors. Il a aussi publié un livre retraçant le parcours de son père : De Brigades en brigades.

Pour visiter le blog, cliquez ici.

Additif à la note 16, page 254 des Fils de la nuit (récit de Michel Léger) :
Au repos dans un village proche du front, en Aragon, un milicien de la CNT remarque un adolescent
qui "traîne" dans leurs rangs et qui n’est salué par personne du village. Il l’arrête et le fouille. Un
paquet de cartes à jouer est étalé sur une table. Entre les "vraies", des mini-fiches blanches avec
emplacement dessiné de la mitrailleuse, de la maison de stockage des réserves et de la grange de
cantonnement. Les effectifs et l’armement sont également notés. C’est un espion de 15 ans membre des
jeunesses phalangistes et fils d’un négociant en vins. "Il sera fusillé ce soir !".
Mon père est désigné pour le garder. Le gosse pleure, mon père tente de lui faire la morale et
d’expliquer où est le "bon droit". L’autre se lamente et sanglote de plus en plus. Dans l’interview,
mon père précise "il ressemblait à Arnaud" (mon fils). "J’étais emmerdé de garder cette pauvre
victime de cette saloperie de guerre, un enfant, franquiste, soit mais un enfant quand même qu’on
allait tuer !"....
Le temps passe, il y a peu de monde dehors au soleil, personne à proximité. Mon père se penche,
attrape le jeune type par l’épaule et lui montre le champ proche qui gagne la campagne. "Allez tire
toi, vite ... vite". L’autre est réticent ou ne comprend pas mais fini par détaler. Quand il a pris une
distance suffisante mon père crie : "alerte ! le prisonnier s’échappe", un responsable qui sort pistolet
en main lui hurle : "mais tire donc Robert ! tire". "Tirer, tirer vous en avez de bonnes, j’suis cuisinier,
moi, pas soldat" ...
Peut être, en ce moment même un vieil Espagnol sirote un verre de vin de son commerce (cédé à ses
enfants) en racontant comment il avait réussi à se sauver, en risquant sa vie, des griffes des rouges en
1936 ...