BORGO Giuseppe (Enrico dans la liste)

Nous reprenons la rédaction des biographies de chacun des anarchistes italiens dont le nom se trouve sur la liste « Libertá o Morte » du camp d’Argelès sur Mer, dressée par la police politique italienne le 8 août 1939.
Cela s’inscrit dans le cadre de notre collaboration à la base de données sur le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer, réalisée par Grégory TUBAN, de Perpignan : http://www.memorial-argeles.eu/fr/
https://www.memorial-argeles.eu/fr/1939/1939-2eme-periode-du-camp-avril-juin-1939/le-camp-des-brigadistes.html
Toutes les notices sont le fruit d’un travail de recherche en collaboration avec Tobia Imperato de Turin et Rolf Dupuy de Paris.

La traduction et la rédaction sont réalisées par Jackie, giménologue.

Giuseppe BORGO fils de Luigi et d’Emilia Mortara, est né le 24 janvier 1910 à Castagnole Monferrato (Asti). Il est commerçant, et anarchiste. Il émigre à Turin le 18 février 1931, et se fait remarquer pour son activité antifasciste. En 1933 il s’expatrie clandestinement en France. Mais la Préfecture Royale de Turin le condamne à 3 ans de prison par défaut [par un jugement rendu en référé prononcé par la Commission Provinciale de Turin]. Entretemps il s’établit à Lyon où il est rapidement arrêté car sans papiers. Il est détenu pendant 3 mois, et à sa libération il a quinze jours pour quitter la France suite à un arrêté d’expulsion.

Il entre illégalement en Espagne en octobre 1933 et s’installe à Barcelone. En 1934, il prend part à la révolte des mineurs des Asturies. La révolte tourne au drame pour les ouvriers rebelles. Borgo est arrêté et condamné à 6 ans et 3 mois de prison par le Tribunal Militaire de Huelva, et détenu à la prison de Valverde del Camino. Il en sort fin février 1936 à la suite de la victoire électorale du front populaire. En juin il est à nouveau arrêté à Madrid, accusé d’avoir pris part à une violente action de vendetta politique ; mais à peine est-il libéré qu’il se joint à l’insurrection populaire contre le soulèvement franquiste de juillet 36.
En août, il retourne à Barcelone pour s’enrôler dans la section italienne de la Colonne Ascaso. Il se lie à Fausto Nitti, Emilio Lussu, Camillo Berneri, Carlo Rosselli, Luigi Battistelli et Mario Angeloni.
Après les événements de mai 1937 il entre dans la 29ème Division, l’ex-colonne Lénine du POUM, sur le front d’Aragon. Il devient commissaire politique du 4ème Bataillon de la Division. Il combat aux alentours de Huesca, où il est blessé à la jambe droite. Il reçoit les premiers soins à l’hôpital de Lérida, en Catalogne. Il retourne au front en novembre 1937 comme interprète auprès du Commandement du 3ème Corps de l’Armée de Terre, sous les ordres du général Pozas. À la fin de 1938, il entreprend la Retirada avec les forces antifranquistes ; en décembre il passe par le camp de Torellò.

Il quitte l’Espagne le 7 février 1939 avec d’autres compagnons, dont Borla* , Pizzala** , Bonfanti ***, Ceggion**** et Sallustro *****. Il est interné au camp d’Argelès et adhère au groupe « Libertà o morte ». Il est ensuite transféré au camp de Gurs, d’où il réussit à s’évader. En 1941 il est rapatrié dans des circonstances pas claires et arrêté à la frontière. Borgo est inculpé pour des délits commis en Italie alors qu’il était déjà volontaire en Espagne. Il est condamné à 7 ans, 3 mois et 27 jours de prison et détenu à Alghero.
Selon Francisco Migliore & Werther Spessa, « Spagna 1936-1939 : gli Astigiani nelle formazioni antifasciste », Borgo est interné à Ventotene, et à sa libération participe à la Résistance dans un groupe de partisans. Mais cela n’est pas bien établi
À la libération du pays, Borgo s’installe à Aoste où il vit avec sa femme et ses deux enfants. Il y meurt le 5 mars 1985.

*Borla Pietro né le 22 août 1896 à Frassinere(Condove), paysan, communiste. Il s’expatrie en France en 1909. Il combat en Espagne dans la Brigade Garibaldi. Interné ensuite à Saint Cyprien et Gurs.
http://www.antifascistispagna.it/?page_id=758&ricerca=755
** Pizzala Guiseppe né le 19 septembre 1899 à Zelbio, ébéniste, antifasciste, il s’engage dans la Colonne Durruti puis dans le Bataillon de la Mort, et enfin dans la 133ème brigade espagnole.
http://www.antifascistispagna.it/?page_id=758&ricerca=2780
*** Voir notre notice détaillée : http://gimenologues.org/spip.php?article863
****Ceggion Ottorino alias Cejon Ottorino né le 17 août 1910 à Venise. Ingénieur et communiste. Il quitte clandestinement l’Italie en août 1936 et s’engage le 17 octobre 1936 en Espagne dans la Compagnie d’assaut du Bataillon Garibaldi avec le grade de lieutenant. Il combat à Madrid et à Cero Rojo. Il est blessé à Casa de Campo, à Arganda et à Guadalajara. Il est nommé ensuite capitaine du 5ème parc d’artillerie de Valence. Il quitte l’Espagne en février 1939. Il est interné dans les camps d’Argeles, de Gurs et du Vernet.
ANPI (Associazione Nazionale Partigianid’Italia), 60 Anni dall’ inizio della guerra di Spagna (Luglio 1936) I veneziani volontari antifascisti in Spagna, Commune de Venezia, avril 1997, p. 27.
***** Sallustro Guiseppe né le 9 octobre 1900 à Torre del Greco (Naples), décédé le 4 octobre 1981 à Torre del Greco, graveur de camées, anarchiste. Il s’engage en février 1937 dans la Brigade Garibaldi.
http://www.antifascistispagna.it/?page_id=758&ricerca=2244

Source : http://www.antifascistispagna.it/?page_id=758&ricerca=753
Source photo : Francisco Migliore & Werther Spessa, « Spagna 1936-1939 : gli Astigiani nelle formazioni antifasciste » p. 33 :
http://www.casamemoriavinchio.it/images/viaggi_memoria/documenti/Spagna%201936.pdf

Les giménologues 16 février 2020